Aujourd’hui j’ai fait un peu de tout : occupé de mes containers entre autres mais aussi aidé à monter les deux dernières éoliennes, c’était très sympa.
Une moins bonne nouvelle : certains des pilotes de traverse commencent à fatiguer, il faut de temps en temps en remplacer l’un ou l’autre, là c’est moi qui vais devoir remplacer quelqu’un.
Je ne suis pas mécontent de faire autre chose après tout, voir autre chose aussi, je pense que ça me fera du bien de quitter un peu le camp.
Par moment cela me sature un peu, et je remarque que je ne suis pas le seul d’ailleurs, j’en ai surpris l’un ou l’autre à décompter les jours, tiens tiens...
Ce n’est vraiment pas facile de vivre reclus comme nous le sommes pendant aussi longtemps…
PS : Ah oui je me suis un peu gelé les oreilles aussi, ça fait mal mais rien de grave, elles tiennent toujours ;-) !
mercredi 30 janvier 2008
On compte les jours tout de même
mardi 29 janvier 2008
Téléphone arabe
Hello à tous,
Alors, avez-vous vu la séquence qui est passé au JT de la RTBF lundi soir ?
J’y passe furtivement en Bull. Il parait que de Brigode à fait une entrée de jeux dramatique du genre : « le vent pourrait mettre en péril la construction de la station » alors que ce n’était pas du tout ça l’idée que Benjamin et Jos voulaient faire passer au contraire !!
Ces journalistes... ils doivent toujours trouver un truc qui sonne bien et dramatique !
A part ça, le vent s’est arrêté plus tôt que prévu (youpie !) mais de temps à autre il souffle quand même un peu. Vous l’avez déjà sûrement lu sur le Blog de Benjamin.
A ce propos, plus la peine de m’envoyer des extraits vu qu’il imprime tout maintenant (par volonté de transparence). Pages qu'on se passe (car tout le monde aime bien) chaque jour, on attend ce qu’il va écrire.
dimanche 27 janvier 2008
Pannes et enquiquinements
Si vous regardez l’émission au quotidien le jeudi, vous verrez peut-être un élément de la station tiré au milieu de nulle part par un vieux bulldozer jaune. Vous pourrez au moins vous dire que le Bull, et bien c’est moi qui le conduit. Maigre consolation je sais...
Sinon, ce n’est pas la super joie depuis que le vent s'est levé sans relâche il y a quatre jours de cela. L’avance sur le chantier fond peu à peu car les grues ne fonctionnent pas ou peu avec autant de vent. Le travail en est fortement ralenti, voire arrêté par moments.
Il faut relativiser vu que c'était précisément la raison d'être de notre avance. Moins prometteur cependant : ces vents sont prévus pour durer encore quatre autres jours. En plus du ralentissement systématique, ce n'est vraiment pas des plus agréables.
Il faut prendre son courage à deux mains pour sortir de la tente mess, crisper ses mâchoires une fois sorti. La température n’est pourtant pas tellement basse (rarement sous moins dix en journée, mais le vent atteignant facilement 50 km sur le ridge, la sensation de froid à -9 est en réalité de -21 (selon une charte établie par des scientifiques norvégiens).
C’est aussi la première fois de ma vie que je vis un vent constant, 24h/24h pendant une si longue période de temps et, honnêtement, ce n’est pas bon pour le moral.
Quand il fait mauvais en Belgique, on peut toujours s’abriter, emmitouflé au chaud dans son lit le soir. Ici le vent et le froid se vivent à chaque minute de la journée et de la nuit ! C’est connu, la météo influence le moral, en ce qui me concerne c’est plus que jamais le cas, malgré « here comes the sun » des Beatles qui passe en ce moment sur mon portable.
Mon travail de déchargement des containers est également à l’arrêt pour la même raison. Les conteneurs dorment sur le « parking ». Ils contiennent les éléments de façade certes, mais aussi des plaques d’isolation, il n'est pas envisageable de les sortir des containers sans qu’elles ne soient directement emportées au loin !
N’empêche, pour permettre à la prochaine traverse de repartir avec des containers vides il va falloir que je les vide d’une manière ou d’une autre et ce avant mercredi matin !
Pour ajouter un peu à la complexité de la construction, l’un des Prinoth est officiellement déclaré hors d’usage depuis hier, le réducteur de la chenille droite a rendu l’âme. Les traverses s'organiseront donc avec un Prinoth en moins. Les solutions sont multiples : en général un Prinoth restait ici pour effectuer son entretien, aussi pour que je puisse sortir le matériel des containers ou pour « entretenir » le ridge. On peut donc envisager de s'en passer et sortir la marchandise au Bulldozer (comme j’ai dû le faire avant-hier). Bien que ce soit vraiment pénible (le bull n’est pas assez puissant) et entretenir le ridge sur le temps qu’on a entre l’arrivée et le départ d’une traverse, même chose pour les entretiens des Prinoth.
Une autre solution est de faire partir deux convois seulement, mais chacun avec 4 traîneaux au lieu de 3.
On l’a déjà fait, c’est possible, mais pas excellent pour les machines. Ca veut dire aussi qu’il y aurait un conteneur de moins par traverse, mais ça ce n’est pas dramatique.
En réalité, les deux solutions seront utilisées, la prochaine traverse sera composée de trois convois, la suivante de deux, après on avisera.
La bonne nouvelle dans tout ça c’est que nous avons maintenant une machine pour pièces, si un autre vient à tomber en panne, nous pourrons nous servir sur le Prinoth hors d’usage. On peut donc penser que nous n’aurons plus à diminuer encore les effectifs du côté de la force de traction !
Pour terminer la liste des mauvaises nouvelles, la super-machine-à-café, cruciale au bon fonctionnement matinal des neurones de chacun, était également tombée en panne !
Heureusement, ce problème fut rapidement résolu et la machine est de nouveau en fonction !
Sauvés !
Plus sérieusement, la construction se passe jusqu’à présent vraiment très bien. L’avance (bien qu’aucun « officiel » n’osait l’avouer…) atteignait une petite semaine avant que le vent se lève. Tout est encore donc largement dans les temps, il faut juste… subir le froid.
Voilà ! A part ça rien de bien excitant à raconter, à part que d’ici 16 jours je devrais m’envoler pour le Cap (aaaaaaaah la chaleur du Cap !!)
Et arriver en Belgique lundi 18 vers 9h du matin, comme prévu.
Home sweet home !
mercredi 23 janvier 2008
Rougir même en Antarctique
Petite anecdote, je participais cet après-midi à une réunion avec ceux qui font les traverses car ils voulaient régler quelques petits problèmes, notamment savoir qui m’aide à faire le déchargement et rechargement des containers quand ils arrivent ici, l’un d’eux se propose pour m’aider,
il dit: « J’aime bien travailler avec Yvan », puis v'là qu’un autre dit : « ouais mais moi aussi je préfèrerais travailler avec Yvan » puis un troisième : « Ouais mais moi aussi... »
J’ai évidemment eu des difficultés à cacher que j’étais aux anges. Rien de plus gratifiant de savoir qu’on aime faire équipe avec moi !
En fait c’est parce que j’ai pas mal d’expérience avec la machine qui sert à charger et décharger les containers (machine appelée Hammar), alors évidemment plus ça va plus vite, plus le collègue est content !
lundi 21 janvier 2008
Excursion organisée
Bonjour à tous,
Je fatigue un peu,, en fait il y a surtout une routine qui s’installe, plus grand-chose à découvrir, presque tout le temps les mêmes choses à faire, loisir zéro ou presque, le froid constant (particulièrement au moment où j’écris ce mail d’ailleurs), les contraintes de la vie en communauté.
Je ne le subis pas, c'est un choix et je sais qu’après coup il n'en restera que les côtés positifs. Ce n'est pas tout le temps facile.
Quelque chose de nouveau est arrivé hier, quand-même : nous avons eu (en ce qui me concerne du moins) notre premier vrai jour de congé. Construction arrêtée, aujourd’hui on part en excursion organisée style car de Hollandais et parapluie levé à la japonaise.
Alain organise une petite sortie pour les motivés. Journée magnifique, grand beau, pas de vent, parfait ! On prépare un Prinoth avec un traîneau dont la moitié est occupé par une cabine de survie, l’autre moitié sert à s’installer. Nous partons d’abord à une dizaine de km d’ici vers un petit mont, grimpons au sommet et admirons la vue. Tout est beau ici, y passer du bon temps est aisé.
Dans le contre-bas de cette petite montagne on aperçoit des points noirs dans la neige immaculée, des pierres peut-être. En s’approchant, on se rend compte qu’il s’agit des restes d’un ancien dépôt belge !
Des boîtes de conserve, des boîtes en fer, un livre ouvert, du bois, quelques barils, des paquets de cigarettes, gants, chemise,...
J’ai trouvé aussi une pince à linge en bois, le tout, vieux de plus de cinquante ans et parfaitement conservé.
Après une mini session d’archéologie amateur pour récupérer (et en même temps nettoyer) un maximum nous repartons en Prinoth vers un autre mont sur lequel nous grimpons également. Après avoir admiré la vue et fait quelques photos, nous retournons une dernière fois vers le Prinoth pour rentrer à Utsteinen, dont nous faisons le tour pour que ceux qui n’ont pas encore vu le windscoop puissent l’admirer.
Cette journée enfin un peu différente fût la bienvenue.
J’aurais bien écris plus de détails mais j’ai mes doigts gèlent ! Je fais donc vite !
Groooooooooos bisous à tous !
